Enfant reconnu en mairie

En généalogie, il n’est pas rare de découvrir un enfant reconnu. A l’inverse de l’enfant légitime, ses parents ne sont pas mariés. Nous vous donnons quelques explications sur la reconnaissance d’un enfant et ce que cela implique pour votre arbre généalogique.

La déclaration de naissance en mairie

Lorsqu’un enfant vient au monde, un parent ou un tiers doit déclarer sa naissance en mairie. Aujourd’hui, cette démarche est souvent effectuée par le personnel de l’hôpital où a eu lieu l’accouchement de la mère. Certains parents se déplacent néanmoins parfois pour effectuer la déclaration par eux-mêmes.

A l’époque de nos ancêtres, c’était généralement le père de l’enfant qui se déplaçait en mairie. La mère restant avec le nouveau né pour se remettre de l’épreuve qu’ils venaient de traverser. Lorsque les deux parents de l’enfant étaient mariés, cet enfant, comme tous les enfants du couple, était dit « légitime ». En France, il prenait alors systématiquement le nom de famille du père.

Enfant reconnu en mairie

La reconnaissance d’un enfant en mairie

Il arrivait cependant que les parents de l’enfant ne fussent pas mariés. Le père et la mère devaient alors se rendre chacun leur tour en mairie pour « reconnaître » l’enfant. C’est à dire admettre que cet enfant était bien le leur. Si le père reconnaissait l’enfant, celui-ci prenait le nom du père. Dans le cas contraire, ou si le père était inconnu, l’enfant prenait généralement le nom de la mère. Cela ne la dispensait en rien d’avoir à reconnaître l’enfant. Néanmoins, nombreuses furent les mamans qui oublièrent, volontairement ou non, de se rendre en mairie pour effectuer la démarche.

En généalogie, la découverte d’un enfant reconnu ouvre de nouvelles pistes. La reconnaissance de l’enfant fait l’objet d’un acte d’état civil officiel. Cet acte doit être mentionné en marge de l’acte de naissance de l’enfant. En généalogie, on est parfois surpris car un enfant peut-être reconnu très tardivement!

Si, traditionnellement, l’enfant était reconnu quelques jours seulement après sa naissance, il n’est pas rare de découvrir quelques exceptions. Il arrivait en effet qu’un père ou une mère ne reconnaissent leur enfant que quelques jours avant le mariage de ce dernier, soit plus de vingt ans après ! Et oui ! Lors de la constitution du dossier les futurs époux s’apercevaient parfois que la démarche n’avait pas été effectuée lors de la naissance. Des raisons simples pouvaient potentiellement l’expliquer : un père parti au service militaire ou à la guerre… ou tout simplement un oubli ou la méconnaissance de la démarche à effectuer !

Un enfant reconnu plusieurs années après sa naissance

Il arrive aussi que la reconnaissance d’un enfant ne soit pas enregistrée dans la même mairie que la naissance. C’est parfois le cas surtout pour les mères célibataires. Un enfant peut être né à Paris 10ème et reconnu dans le 5ème arrondissement, tout comme il peut être né à Rennes et reconnu à Angers. En effet, les « filles-mères » étaient le plus souvent envoyées loin de leur ville d’origine pour accoucher et éviter l’opprobre. Dans tous les cas, nous vous conseillons de consulter cet acte de reconnaissance qui pourra compléter, voire rectifier, des informations incomplètes contenues dans l’acte de naissance.

Enfant reconnu en généalogie.
Mentions en marge de l’acte de naissance de René Pierre Lebouvier en 1903 à Gratot (50) : reconnaissance par sa mère, puis reconnaissance par son père et enfin légitimation par leur mariage. L’enfant prend alors le nom du Dupont.

La légitimation d’un enfant

La généalogie c’est aussi une histoire de famille. Si les parents d’un enfant, reconnu ou non, décident de se marier, ils peuvent alors légitimer cet enfant. La légitimation primant sur la reconnaissance. Parfois, il arrive aussi qu’un enfant issu d’une mère célibataire soit légitimé quelques années plus tard par le nouveau mari de celle-ci. On a généralement la conviction que l’homme en question n’est en rien le père biologique de l’enfant. Mais s’il reconnaît et légitime l’enfant comme le sien, il lui donne son nom et une nouvelle branche s’ouvre dans l’arbre. Ce n’est plus une branche biologique mais une branche quasiment adoptive. S’ouvre alors l’un des questionnements les plus récurrents en généalogie : doit-on privilégier la filiation par le sang ou bien la filiation affective, par le nom ?

Aujourd’hui la reconnaissance de l’enfant d’un couple non-marié n’est toujours pas automatique. Le futur papa doit reconnaître son enfant dans sa commune de résidence. Pour la mère, il suffit que son nom figure sur l’acte de naissance.

8 commentaires

  1. Bonjour, peut-on déduire, pour un enfant né de père inconnu qui n’a jamais pris le nom de famille de sa mère, qu’il n’a donc jamais été reconnu par cette dernière ? J’ai le cas d’un AGP, François Faucher né en 1797 à fomperron (Deux Sèvres), né de père inconnu et de Berland Françoise. Pourtant, il ne s’appelle pas Berland mais Faucher (la déclaration a été faite par un autre François Faucher)… s’agirait il du père ? ou est-ce dans la coutume de prendre le nom de son déclarant ? Jaimerais savoir pourquoi on s’appelle Faucher et non Berland 😅

    • Bonjour, il n’y a pas vraiment de généralités en généalogie, chaque histoire est unique. Vous pouvez m’envoyer l’acte de naissance de votre AGP par email afin que je puisse vous donner mon point de vue.

  2. Bjr – Moi j’ai un enfant avec un acte de naissance avec père et mère – la mère se remarie, le nouveau conjoint reconnait l’enfant – qui est le père dans l’arbre le nouveau ou l’ancien ? personnellement je pense celui de l’acte de naissance et administrativement le second – qu’en pensez vous ?

    • Bonjour, j’aurais tendance à penser comme vous, mais afin de pouvoir vous répondre précisément, j’aurais besoin de lire l’acte de naissance et l’acte de mariage que vous mentionnez. N’hésitez pas à me l’envoyer par email pour obtenir un avis plus précis.

  3. bonjour , Je vous propose l’exemple d’un enfant né en 1914; sur l’acte de naissance il est précisé en marge
    – reconnu par Monsieur HO… suivant acte reçu en 1922
    – légitimmé par le mariage de ses père et mère contracté en 1925
    Ma question : est ce que je peux intégrer son ascendance dans mon arbre généalogique ?
    Merci pour la réponse
    Sincères salutations
    Jean Claude BERNARD

    • Bonjour, il n’y a pas vraiment de règle générale. C’est à vous de décider le type d’arbre que vous souhaitez élaborer. Officiellement ce monsieur est le père de l’enfant puisqu’il l’a reconnu. Biologiquement, c’est beaucoup moins sûr. Vous pouvez choisir de faire votre arbre biologique ou bien votre arbre familial. C’est ce monsieur qui a reconnu et qui a élevé l’enfant, il lui a apporté les valeurs qu’il avait lui même héritées de sa propre famille. On pourrait donc considérer que cette famille adoptive a tout autant sa place dans l’arbre généalogique que le père biologique qui n’a pas reconnu ni élevé l’enfant. C’est à vous de voir 🙂

  4. bonjour,
    mon GP était italien et a quitté l’Italie fin 1920s, début 1930s, pour fuir le fascisme, en laissant derrière lui une femme et 2 enfants. En France, il a rencontré ma grand mère et ils ont eu 3 enfants entre 1934 et 1948. Ces enfants portent le nom de leur mère (ma grand mère) et par ricochet moi aussi.
    Ma famille pense que mon grand père n’a pas pu reconnaître ces enfants car il était marié en Italie et le divorce y était interdit. Personnellement, je pense qu’il aurait légalement ou administrativement pu les reconnaître, bref, que ç’aurait été « techniquement » possible.
    Qu’en pensez-vous ?
    Par ailleurs, pensez vous qu’il soit possible de faire reconnaître notre filiation aujourd’hui ? si oui, comment?
    Merci beaucoup de vos éclairages.

    • Bonjour, je vous conseille de vous renseigner sur les test ADN et éventuellement demander l’aide d’un détective privé en Italie. Il semble peu probable que votre grand-père biologique ait pu reconnaître ses enfants français s’il était déjà marié en Italie. Faire reconnaître votre filiation aujourd’hui sera certainement très compliqué, mais cela peut toujours être tenté si vous réussissez à obtenir suffisamment de preuves bien entendu.

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